Ma réponse à l’ article du journal La Presse. Pour mon papa, pour mon frère et pour Tristan.

November 24th, 2010 by Martine St-Victor


Il y a plus d’une semaine, le journal La Presse publiait un article intitulé « Le fléau caché » sur la violence conjugale en Haïti. Lire l’article ici.

La photo a dérangée plusieurs lecteurs, toutes origines confondues. Moi, c’est l’article que j’ai trouvé dérangeant. J’ai écrit à La Presse. Mon texte n’a pas été publié (comme les 84 autres lettres reçues au journal, d’ailleurs).  La voici :

Pour mon papa, pour Tristan et pour tous les hommes haïtiens dans ma vie.

Je suis obligée d’écrire ce manifeste. Pour mon papa, pour mon frère, pour mes oncles, mes cousins et surtout pour Tristan mon neveu de 4 ans: un Canadien d’origines haïtienne et guatémaltèque.

Comment ne pas être attristée et être plein de compassion pour les victimes exposées dans votre article « Le fléau caché » du 13 novembre dernier. C’est vrai qu’il y a de la violence conjugale en Haïti et c’est vrai que c’est ignoble. Aussi ignoble que celle qu’on retrouve au Canada.

Mais d’associer la violence conjugale à la culture haïtienne est d’abord vulgaire et c’est une grave erreur de le faire. Et oui, je sais bien que ce sont deux travailleuses sociales haïtiennes qui proposent cette théorie dans l’article mais permettez-moi de suggérer qu’elles ont tort.

Est-ce qu’il y a des hommes haïtiens violents? Of course. Trouvez-moi un pays où il n’y a pas d’hommes violents et je vous donnerais un million de gourdes. Pointez-moi un pays où il n’y a pas d’hommes jaloux et autoritaires et j’y ouvrirai une agence de rencontre dès demain matin.

Dans votre article, le branding de l’homme haïtien a été attaqué. Il doit donc être défendu par quelqu’un qui aime et qui connaît l’homme haïtien.

Je défends l’homme haïtien parce que le premier homme qui m’a dit qu’il m’aimait, c’est mon papa. Parce que c’est en observant les hommes de ma famille que j’ai tout appris sur la galanterie. Parce que mon frère est l’homme le plus pacifique et compassionnel que je connaisse et parce que presque toutes ses anciennes copines sont restées ses amies et que ça, c’est tout à son honneur. Parce que si mes standards semblent bien élevés, c’est parce que les hommes qui m’entourent sont assez exceptionnels et que plusieurs d’entre eux sont haïtiens où d’origine haïtienne.

Mais j’écris ses mots surtout parce qu’un jour Tristan, Édouard et les autres mômes dans ma famille seront assez grands pour comprendre les propos tenus dans l’article « Le fléau caché » et qu’ils devront aussi savoir que leur héritage patrimonial n’en est pas un de violence mais plutôt un d’amour où la femme est vénérée, respectée, protégée et aimée.